annees_80
Le Pape Jean-Paul II en 1980 Le café de Flore dans les années 80
annees80
Saint-Germain des Prés est devenu le village de France le plus connu dans le monde !
Le Flore, Les Deux-Magots et Lipp en sont les chapelles.

En 1983, Mr Boubal rencontre Mr et Me Siljegovic, leur sensibilité respective s’accordent parfaitement quand au Flore, à son « aura », à son avenir, Mr Boubal trouve en eux les dignes successeurs de ce lieu déjà mythique.

On dit du Flore qu’il est un « mythe », « une institution », qu’il ne s’offre qu’à une clientèle d’initiés.
Les fantômes de ceux qui l’ont fréquenté, les visages – connus ou pas – de ceux qui le fréquentent en font un endroit chargé d’un riche passé mais bien ancré dans son présent. La clientèle est un subtil mélange d’artistes, d’écrivains, d’intellectuels, de journalistes, politiques, stylistes ou « grands patrons », mais aussi de fidèles anonymes. Au Flore on vient sans se donner rendez-vous et on rencontre les gens avec qui on aurait pu avoir rendez-vous. On y vient pour voir, pour se faire voir mais on tient à la discrétion. La clientèle française est celle d’hier et plus encore celle d’aujourd’hui. Serge Gainsbourg buvait invariablement un double pastis 51 qu’il avait baptisé un « 102″. Gianni Agnelli y établit ses dîners familiaux parisiens. A l’heure de la Fiac, Francis Bacon s’attablait au Flore, il y arrivait en fin de matinée et n’y bougeait plus jusqu’en début de soirée.
Au Flore, les premières heures de la matinée appartiennent à quelques habitués dont le rituel ne craint pas les années, parmi eux: Jean-Loup Sieff, Alain Ayache qui se plaît à dire « Prendre son café au Flore rend un peu plus intelligent ». Puis, suit alors la ronde des rendez-vous journalistiques et politiques.
Au Flore, il nest pas une journée qui se ressemble et pourtant elles se ressemblent toutes. Au premier étage, Juliette Gréco aime rêver, pour elle « Au Flore les gens sont un peu moins laids qu’ailleurs », non loin Elkabach lit son journal, Jean Drucker mène une conversation animée. C’est là que les auteurs aiment donner des interviews, les acteurs faire leur rendez-vous. Claire Chazal retrouve une amie et papote comme une collégienne, Catherine Deneuve aime le rez-de-chaussée et l’étage indifféremment, comme sa fille Chiara Mastroianni.

Fabrice Lucchini, léger comme une plume, promène sa folie sous les lustres Art-déco du Flore.
Souvent Bernard-Henri Lévy déjeune à la même table, celle à droite sous la pendule, c’est là que, plutôt s’asseyaient les membres du PCF, Arielle Dombasle, sa femme, le rejoint ou accompagne sa grand-mère pour un thé plus tard dans la journée quand Laurent Terzieff est déjà attablé. Sonia Rykiel et Nathalie, sa fille, ont leur table réservée tous les jours jusque 13h30, essayez un peu de vous y installer avant vous serez rapidement écarté par le garçon. Privilège partagé par Danielle Thompson et son mari, Albert Koski, pour leurs brunchs du week-end, ils reçoivent comme chez eux, la famille, les copains…
Chaque année, Lauren Bacall séjourne quelques mois à Paris, à Saint-Germain des Prés, et passe de longs moments au Flore, elle a cette présence unique de grande dame, sublime et discrète. Mais le Flore est avant tout un café littéraire où les auteurs d’hier et d’aujourd’hui se réunissent: Albert Cossery, François Nourrissier, Pierre Bourgeade, Jean d’Ormesson, Jorge Semprun, Tahar Ben Jelloun sont des fidèles. Peu après la sortie de « l’Alchimiste », Paulo Coelho se montre au Flore et y passe la majorité de ses après-midi parisiennes.
Autour d’un verre, Patrick Besson et Marc-Edouard Nabe aiment à polémiquer. Pascal Bruckner et Yves Simon s’entretiennent doucement tout en se saluant les uns et les autres.
Au Flore, le cinéma américain est aussi largement représenté: Sharon Stone aime y déguster du champagne, Robert de Niro passe de longues matinées à observer les passants, Francis Ford Coppola déclare sur une chaîne française que son rêve est de vivre à St-Germain des Prés pour pouvoir chaque matin prendre son petit déjeuner au Flore (sa fille Sofia est une fidèle). Johnny Depp n’a pas d’heures: tôt le matin, en plein après-midi, ou tard le soir. Au printemps Isabella Rosselini se prélasse en terrasse, Jack Nickolson, cigare en bouche, profite des premiers soleils…Al Pacino, Tim Burton, Matt Dillon, Harvey Keitel, Gary Oldman, Cher, Paul Auster s’y croisent.